Un tout petit cours - Lori Robinson

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Un tout petit cours

Un tout petit cours - Lori Robinson

Lorsque j’étais encore au cégep, j’allais très souvent rendre visite à ma sœur aînée, qui avait déjà plusieurs enfants, et qui à l'époque, travaillait dans un centre de médecine esthétique. Il me fallait, de temps en temps, lui donner un coup de main pour faire ses courses, et d’autres petits trucs. Elle avait eu la chance, ou la malchance, je ne saurais dire, d’avoir eu deux fois des jumeaux. Que ce soit pour les plaintes, les disputes, ou quoi que ce soit d’autre, tout était en stéréo. Ma sœur répétait souvent, j’ai peut-être deux oreilles, mais je n’ai qu’une tête. Il lui arrivait souvent de craquer, et c’est à des moments pareils que j’essayais de prendre le relais pour essayer de lui faciliter un peu la vie.

J’allais aussi, parfois, dans une friperie à Longueuil, où il y avait beaucoup de jouets usagés en vente. C’est ainsi que je trouvais une dînette pour les jumelles de trois ans. Sachant qu’il fallait toujours compter par deux. Je rentrais chez moi pour en confectionner deux en carton. Je ne savais pas ce jour-là que je me lançais dans une aventure assez ardue. Elles paraissaient très contentes de leurs dînettes. Je leur prêtais quelques couverts, et quelques ustensiles de cuisine. Quelques jours plus tard, elles me demandaient de leur fabriquer un stand, pour vendre des fruits et des légumes. Je devais maintenant faire le tour du quartier, pour frapper à la porte de chaque magasin, pour demander s’il était possible de récupérer quelques boîtes de carton. Ma sœur aussi s’y mettait. C’était une aubaine pour elle pour faire quelques économies, en attendant que les filles grandissent, et qu’elles aient les dents un peu plus longues pour ce qui est des jouets.

Pendant un moment de paix, alors que les deux petites jouaient aux vendeuses, ma sœur et moi respirions les quelques moments de calme dont nous profitions. Je regardais de loin, le monde qu’elles s’étaient créé. L’une jouait à la vendeuse, et était très sérieuse. Elle paraissait être dure en affaires. Il fallait cependant qu’elles vendent quelques fruits et légumes, car c’est avec ses sous, qu’elle pouvait espérer, par la suite, manger au restaurant de sa sœur. J’étais face un vrai pitch de vente créé par deux petites filles, qui n’avait rien à envier aux cours donnés à l’université. Elles avaient réussi à faire le tour de l’offre et la demande, les emprunts. À croire que dès que l’on touche à l’argent, il faut toujours tomber dans le cercle vicieux permanent du demandeur et du dépendant. Dommage.