Quand le cancer s’en mêle - Lori Robinson

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Quand le cancer s’en mêle

Quand le cancer s’en mêle - Lori Robinson

J’avais rendez-vous avec plusieurs amies. On devait faire une soirée cinéma. Avant cela, on avait décidé d’aller manger une pizza. Lorsque nous commencions à entamer quelques pointes, une de mes amis me disait avoir les mêmes tache brune sur la peau que le serveur. Je lui demandais après le cinéma, lorsque nous terminions la soirée chez elle, de me les montrer. C’était loin d’être des taches brunes ordinaires. Je lui expliquais sans essayer de l’affoler qu’elle devait aller au plus vite voir un dermatologue pour trouver une explication de leurs présences. Elle m’appelait quelques jours plus tard en pleurs au téléphone. Elle venait d’apprendre qu’elle avait un cancer de la peau et qu’elle devait faire une chimiothérapie au plus vite pour éviter que l’étendue ne provoque quelques métastases dans le corps. Nous restions tous auprès d’elle pour lui donner autant de courage que possible.

Les premiers jours d’hôpital furent les plus difficiles. Elle avait perdu presque tous ses cheveux en très peu de temps. Quand je lui expliquais que je trouvais que ça lui allait très bien, elle souriait. C’était elle qui faisait le plus effort en fait. Elle passait son temps à nous consoler de la voir dans cet état. J’arrivais un jour alors qu’une dame lui faisait une manucure. C’était une dame qui avait subi un cancer il y a de cela quelques années et qui avait compris qu’il n’y avait rien de plus important pour une femme qui avait estimé d’avoir perdu toute sa beauté de lui en donner quelques soins pour se sentir vivante auprès des autres. J’étais en admiration auprès de celle-ci qui avait su en ne faisant que quelques massages des mains et un peu de manucure redonner de l’élan à des femmes qui tournaient le dos à la vie.

Lorsqu’elle sortait la première fois de l’hôpital, nous décidions de continuer à vivre comme auparavant. Nous l’invitions comme chaque vendredi au cinéma et avant cela nous mangions quelques pointes de pizza. Je tenais absolument à lui faire croire que ce n’était qu’un mauvais moment à passer et qu’il était loin derrière elle. Il y avait malgré tout quelque chose de brisé. Elle ne prenait pas autant de plaisir qu’auparavant à vivre avec nous. Il nous avait fallu à peu près deux années pour la retrouver presque entière. Elle craignait plus que tout, une récidive et de nous voir obligés à aller lui rendre visite dans un hôpital. Cette maladie l’avait rendu maussade, et c’était bien dommage pour tout le monde.