Les étés chez mes grands-parents - Lori Robinson

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Les étés chez mes grands-parents

Les étés chez mes grands-parents - Lori Robinson

J’avais des souvenirs de jeunesse, qui étaient remontés à ma mémoire en lisant un article de journal. J’étais en attente d’un rendez-vous pour une injection de botox Montreal, et je feuilletais la presse qui était posée sur une petite table, dans la salle où j’attendais. Des photos d’une demeure, dans un magazine de décoration, me rappelèrent la maison que mes grands-parents habitaient. J’allais passer des étés joyeux et sauvages dans cette grande propriété traversée par une rivière. La largeur de celle-ci nous permettait, à mes cousins et à moi-même, de prendre un bateau gonflable et de partir à l’aventure, tel Indiana Jones. Nous inventions des histoires de capture et de poursuites qui se terminaient toujours par notre victoire sur les méchants qui étaient sortis de notre imagination d’enfant.

J’avais pour habitude de me lever tôt lorsque j’étais chez mes grands-parents ; ma grand-mère faisait comme moi et nous nous retrouvions chaque matin dans le jardin. Elle me faisait sentir les herbes aromatiques en froissant leurs feuilles sous mon nez curieux. Elle avait un parcours différent à chaque heure de la journée durant la floraison de ses chers rosiers. Elle les entretenait avec soin, avec amour et ils lui redonnaient sous forme de fleurs présentes toute la saison estivale. Leur parfum était la raison de cette promenade au gré des heures et des senteurs. Certaines roses ne consentaient à se parfumer qu’après plusieurs heures passées au soleil. Leurs effluves embaumaient alors l’air du soir.

Mon grand-père avait un potager, où il passait beaucoup de temps. J’étais sûr de le trouver dedans quand je laissais ma grand-mère à ses occupations. Son carré planté de légumes, de fleurs et de fruits était, lui aussi, plein de senteurs pendant la matinée. L’odeur des feuilles de courgettes était si forte que j’avais de grandes difficultés à manger de ce légume. Je devais pourtant m’astreindre à ce sacrifice trois ou quatre fois dans la semaine, la prodigalité de la cucurbitacée étant sans fin. J’aimais aussi aller à la cueillette des fraises et des framboises. Leur saveur n’a jamais été comparable à ce que j’ai pu goûter ailleurs. Je me délectais de ces fruits dont le jus tachait mon visage et mes vêtements. Ma grand-mère ne disait rien à la fin du matin, quand elle me voyait arriver rouge comme si j’avais saigné un cochon. Elle souriait et me proposait d’aller me changer, de me nettoyer et de revenir rapidement pour le dîner.